Préface  posté le mardi 17 octobre 2006 20:28

Blog de bribibi :souvenirs de Langevin à Bagneux, Préface
Le CEG (collège enseignement général) Paul Langevin est situé près de la place Dampierre, dans le centre du vieux quartier de Bagneux.
Jusqu’en 1971, il était réservé aux garçons, et lorsque les filles firent leur apparition dans cet univers masculin, ce fut un grand événement.
Nous venions pour la plupart de l’école Albert Petit où tout était calme et discipliné.
Peu à peu, nous allions découvrir avec surprise un autre état d’esprit, des relations différentes avec les profs, et surtout des garçons… des garçons qui chahutaient, qui se bagarraient, qui répondaient aux profs, qui faisaient des bêtises…
Pour ne rien perdre de tout ce qui se passait en classe, je notais les anecdotes sur des petits bouts de papier, puis je les recopiais le soir à la maison.
Ainsi sont nées mes anecdoclasses.
C’est donc à travers les yeux d’une ado de 13 ans que se déroulent ces trois années de collège qui resteront mes meilleurs moments d’école.

Si certains lecteurs se reconnaissent, et qu’ils n’apparaissent pas sous leur meilleur jour… toutes mes excuses, je n’ai rien voulu changer au texte original…

Brigitte Lavigne
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les personnages marquants  posté le mardi 17 octobre 2006 20:36

Blog de bribibi :souvenirs de Langevin à Bagneux, les personnages marquants
Quelques personnages marquants :

Kéravec, (surnommé Kéké) : avec ses deux années d’avance, il a un visage de petit garçon aux beaux cheveux blonds, mais il est aussi fort que les autres. Très susceptible et surtout très nerveux, il lui arrive de piquer de terribles colères durant lesquelles il cogne sur tout ce qui se trouve à sa portée, renverse tables, chaises, hurle des insultes, devient rouge cramoisi… En général, la crise se termine par des pleurs, couché sur sa table, la tête dans ses bras croisés.
C’est le phénomène de la classe ; les garçons font souvent exprès de l’embêter pour provoquer ses colères.

Pernin, le cancre. Il se fiche complètement de l’école. Toujours de bonne humeur, il passe son temps à faire rire ses copains.

Pagandet : Un visage pouvant faire penser à une grenouille ahurie, les gars le surnomment gentiment « Papandouille »… Il ne se fait pas remarquer en classe, parle rarement et semble toujours mou et endormi.

Moudenc, le rigolo : grand et maigre, c’est le pitre de la classe ; toujours prêt à faire des singeries, des grimaces, des blagues… Même lorsqu’il se bagarre, c’est en rigolant !

Le prof le plus marquant de l’école :
M. Boudjéna, prof de maths.
Il est grand et mince, toujours bien habillé avec un costume et de nombreuses cravates variées. Le visage maigre, le teint mat, les lèvres minces et des yeux noirs profonds qui inspirent la crainte et le respect. Ses colères sont réputées ; il ne vaut mieux pas le fâcher, sinon le cahier peut voler à travers la classe ou la page de géométrie mal faite peut être déchirée.
Mais lorsqu’il est de bonne humeur, il agrémente ses cours de quelques petites manies : en parlant, il transforme certains mots et va prononcer « égoual » pour « égal » et « zorro » pour « zéro » ! Il lui arrive aussi de dicter une définition tout en chantant…
Il se promène parfois dans les rangées en se haussant sur la pointe des pieds, s’arrête brutalement près d’un élève en s’exclamant : « z’êtes un rigolo, vous ? » ou bien « c’est fini les vacances de Pâques » (ou de Noël…).
Il peut tirer les oreilles jusqu’à vous faire lever de votre chaise (surtout pour Kéké), ou bien il secoue la tête d’un élève en disant : « C’qui m’énerve, ce machin là ! », ou « ça va pas la tête », ou encore « qu’il est bête, ce truc là ». Et tout spécialement destiné à Letourneur : « Vous tournez mal, vous ! »
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la 5e C  posté le mardi 17 octobre 2006 20:45

Blog de bribibi :souvenirs de Langevin à Bagneux, la 5e C


1971 – 1972


classe de 5e C

liste des élèves

1. HUMBERT Catherine
2. HUSSON Thierry
3. KERAVEC Christian
4. KEROUREDAN Serge
5. KLEINBERGER Laurence
6. KRASNOPLOSKY Guillermo
7. LACROIX Dominique
8. LAVIGNE Brigitte
9. LEBLANC Olivier
10. LEDORTZ Patricia
11. LELEVIER Alain
12. LEMONNIER Alain
13. LETOURNEUR Philippe
14. MALENFANT Philippe
15. MARCON Aurélia
16. MARGOT Christophe
17. MENCLE Patrick
18. MENUET Daniel
19. MONGOUR Pierre
20. MASSIN Olivier
21. MOREL Françoise
22. MOUDENC Christophe
23. NONATEL Joëlle
24. PAGANDET Marc
25. PERINI Patricia
26. PERNIN Didier


26 élèves, et seulement 7 filles…

chef de classe : Letourneur et Dominique Lacroix
directeur : M. Reynouard (voir photo)
surveillant général : François Cauche
secrétaire : Mme Duprat

professeurs :

Mme Roussat : prof principale, anglais
Melle Roudière : français, latin, instruction civique
M. Boudjéna : maths
M. Dalle : géographie
Melle Bretaut : histoire
Mme Nouvel (sur la photo) : sciences
M. Yver : dessin
Mme Dalem : couture (pour les filles)
M. Barthélémy : travaux manuels (garçons)
M. Butet : gym
Mme Gougeon : musique


Entrons dans la classe de 5eC…

2/10/1971
La prof de français veut absolument nous faire trouver un synonyme du mot « caprice ».
Toute la classe cherche en vain depuis dix minutes ; le temps passe, mais la prof nous a bien prévenu : nous ne sortirons pas tant que nous n’auront pas trouvé !
Letourneur lève le doigt et proprose « tempérament ».
- Non, répond la prof.
Cinq minutes plus tard, Letourneur lève à nouveau le doigt :
- Tempérament ?
- Mais non ! fait la prof.
D’autres propositions s’élèvent entrecoupées au moins quatre fois par un Letourneur qui continue de proposer son « tempérament ».
La prof devient toute rouge et s’exclame :
- Mais puisque je te dis que ce n’est pas cela, je ne veux plus l’entendre !
Silence dans la classe.
Certains commencent à s’allonger sur leur table et font semblant de s’endormir…
Au bout de dix minutes, Letourneur lève un doigt décidé.
- Oui ? fait la prof.
- Ce serait pas « tempérament » , par hasard ?
La prof l’envoie immédiatement à la porte.
Nous ne cherchons même plus, nous attendons que le temps passe…
Peu après, la petite voix de Lemonnier s’élève dans le silence :
- Et si c’était « tempérament » ?
La prof ne répond pas ; on voit bien qu’elle n’a pas envie de rire.
Au bout de 45 minutes de recherches, elle se décide enfin à donner la réponse, lorsque, au fond de la classe, un élève s’écrie « fantaisie ? »
- OUI ! Enfin ! dit la prof.
- T’aurais pas pû le dire plus tôt ? fait la tête de Letourneur à travers l’entrebâillement de la porte…


5/10
Nous pénétrons dans la salle de sciences où la prof a posé un champignon sur chaque table.
On s’installe et Kéravec demande un autre champignon car le sien est cassé.
- Désolée, je n’en ai pas d’autres, répond la prof, tant pis pour toi, il ne fallait pas le casser !
- C’est pas moi ! crie Kéravec, c’est Lemonnier !
- Bien sûr, c’est toujours les autres qui font les bêtises, jamais toi.
Vexé et en colère, Kéravec ramasse les morceaux de son champignon, les jette rageusement à terre en disant : « Et bien, MERDE ! »



En musique, le chahut est permanent. Excédée, la prof donne une punition à Pernin qui faisait le pitre. Elle précise : « à rendre demain. »
Pernin n’est pas content, car il en a déjà récolté deux en français, également pour le lendemain.
Il ronchonne et demande :
- Vraiment ? Pour demain ?
- Oui, pour demain, répond la prof
- Oh là là, j’en ai marre, tout ce que j’ai comme punitions, et tout ça pour demain… Y a un peu d’abus, faut pas charrier non ?


6/10
En histoire, la prof nous distribue des feuilles polycopiées en précisant : « attention ! Ne les gaspillez pas, je n’en ai pas d’autres. »
Aussitôt, les garçons font semblant de les déchirer en soufflant dessus.
Letourneur y arrive si bien qu’il la déchire réellement.


Toute la classe va faire la gymnastique dans un stade à 1 kilomètre de l’école.
Les garçons se moquent de Kéravec qui n’arrive pas à franchir une barre ; Lemonnier le traite de fille et de mauviette.
Pas content, Kéravec se jette avec rage sur Lemonnier et commence à le frapper. Le prof arrive en courant, il les sépare et dispute Kéravec qui se met à crier : « Puisque c’est comme ça, je vais m’en aller, et vous ne me reverrez plus JAMAIS ! »
Il sort du stade, accompagné par quelques : « bon débarras ! »
De retour à l’école, on l’a retrouvé sous le préau en train de jouer au ballon, tout seul.


En dessin, une bataille de craies s’engage entre la rangée de Letourneur et celle d’Husson. Le prof, qui dessine au tableau et qui est un peu sourd, ne se rend compte de rien.
Soudain, Letourneur lance une craie de toutes ses forces, sûr de ne pas rater Husson. Manque de chance, ce dernier se baisse au bon moment et la craie vient frapper dans la vitre de l’armoire.
Le prof se retourne d’un coup et demande au coupable de se dénoncer.
Silence complet.
Il envoie chercher le directeur qui n’a pas plus de succès.
Il menace alors de punir la rangée entière.
Bon camarade, Letourneur s’est finalement dénoncé à la récréation, accompagné par quelques complices.


La prof d’histoire vient d’appeler Husson par son prénom, Thierry. Aussitôt, tous les gars de la première rangée se mettent à scander : « chouchou, chouchou… »
Husson se fâche et commence une bagarre avec Kéravec. (Encore lui !)
La prof intervient et demande naïvement à Husson de lui expliquer ce qui se passe. Il répond en désignant ceux de la première rangée :
- Ils me traitent de chouchou !
- Ouais, s’écrie Kéravec, et c’est vrai : CHOUCHOU, CHOUCHOU….
Husson bondit sur Kéké et la bataille reprend de plus belle.
Affolée, la prof ordonne à Kéravec de sortir de la classe.
Avant de refermer la porte, Kéké se retourne et crie :
- Au revoir, CHOUCHOU, on se reverra !


27/10
Une bagarre s’est engagée entre le grand Moudenc et Kéravec. (toujours lui.)
La prof de français intervient pour les séparer.
Kéké, tout rouge et en sueur, se défend : « c’est pas ma faute, ils se moquent tous de moi ! »
A ces mots, nous rions de plus belle. Il reprend : « Vous voyez, ils recommencent… »
- Bon, ça suffit, dit la prof. Un mot de plus et tu sors.
- J’m’en fous !
Il prend ses affaires, se lève et se dirige vers la porte.
- Où vas-tu ?
- Dehors.
- Je t’ai dis de sortir ?
- Non !
- Alors, reste ici.
- Non !
- JE TE DIS DE RESTER ICI ! Hurle la prof.
Alors Kéké retourne à sa place, se couche sur sa table, et pleure à gros sanglots…


Pendant les devoirs de français, la prof a pris l’habitude de passer dans les rangs et de nous frapper à petits coups sur la tête, autant de fois que l’on a fait de fautes.
En lisant la copie de Patricia, les coups n’arrêtent pas… La prof est furieuse :
- Mais enfin, dans la construction de cette phrase, il n’y a rien qui te frappe ?
Letourneur lève la tête et répond :
- Si, pour l’instant c’est vous, Madame !



En anglais, un petit garçon entre dans la classe et demande :
- Pardon, Madame, vous n’auriez pas pris la clé de l’armoire de la 6e A ?
- Ben quoi ? s’écrie Lemonnier. C’est pas une voleuse, non !



25/11
Au tableau, Pernin sèche sur la concordance des temps, malgré ses camarades qui tentent de lui souffler les réponses. Enfin, il croit comprendre ce qu’on lui demande et commence à écrire « Passé » dans une colonne.
La prof l’arrête :
- Non, Pernin ; ce n’est pas par là qu’il faut commencer.
Il regarde ses camarades qui soufflent désespérément « présent », mais il ne comprend pas.
La prof s’énerve :
- Mais enfin, par où faut-il commencer ?
A cours d’idée, il répond : « par le commencement ! »
Comme ses connaissances ne vont pas plus loin, la prof envoie au tableau trois autres élèves pour l’aider. Malheureusement, ils ne savent pas non plus.
Alors la prof déclare : « Si au bout de 10 minutes, aucun de vous ne trouve, vous aurez tous les quatre une punition. »
Elle retire sa montre et commence à chronométrer à haute voix : « 8 minutes… 5 minutes… 4 minutes 45…. 3 minutes 30… 3 minutes 25… »
Devant une telle précision, Pernin ne peut se retenir de rigoler. La prof fronce les sourcils et crie : « PERNIN ! à ta place je ne rirais pas ! »
Alors, Pernin descend de l’estrade et regagne sa place tranquillement, suivi par le regard surpris et indigné de la prof qui lui demande ce qui lui prend.
- Ben, vous venez de me dire d’aller à ma place, alors j’y vais !




1/12
- Pernin, au tableau pour la correction du deuxième exercice de latin, dit la prof.
- Pourquoi toujours moi ? j’en ai marre !
- Comme ça, tu arriveras peut-être à faire des progrès. Montre-moi ton exercice.
- J’l’ai pas fait !
- Et la leçon ? Tu sais ta leçon ?
- J’l’ai pas apprise !
- Tiens donc, et pourquoi ?
- J’avais pas envie…
- Non mais, tu te moques de moi ?
- Non !
- Et bien d’accord : je t’autorise à ne plus apprendre tes leçons et à ne faire aucun exercice. Je te mettrai un « E » d’office. C’est ça que tu veux ?
- Ben… pas tout-à-fait.
- Tu veux peut-être te faire renvoyer ?
- Oui, mais de toutes façons j’ai pas l’âge ! Je me suis renseigné…


A l’approche de Noël, toute la classe s’est cotisée pour acheter un cadeau à notre prof de français. C’est Laurence qui était chargée de l’achat, et elle a choisi un beau flacon de parfum.
La prof vient d’ouvrir le paquet et paraît enchantée :
- Magnifique ! c’est exactement ce qu’il me fallait ! On vous a passé le tuyau ou vous l’avez acheté toute seule ?
Laurence bavardait avec ses copines et n’a rien entendu ; on la pousse vers la prof qui répète :
- Hein , on vous a donné le tuyau ?
Laurence ouvre de grands yeux étonnés et demande :
- Parce qu’il fallait un tuyau avec ça ?

Silence appliqué dans la classe. Nous sommes tous penchés sur un contrôle de rédaction.
Dans la cour, on aperçoit le directeur qui grimpe sur l’abri aux vélos pour aller récupérer un ballon.
Un gars lève la tête et s’écrie : « oh ! Tarzan ! »


3/01
Question de sciences : Quelles sortes de petits animaux peut-on trouver dans les étangs ?
Pas de réponse.
La prof insiste :
- Vous ne voyez pas ? à la campagne…
- Une vache ? répond Letourneur.

La prof de français entre dans la classe, l’air grave et sérieux ; elle nous explique qu’on lui a volé son sac contenant tous les contrôles de rédaction (petits sourires sur nos lèvres), et que l’on devra les recommencer, avec le même sujet . (déception…)
En effet, quelques jours plus tard, nous sommes à nouveau plongés sur notre travail… C’est le silence, lorsque soudain, Margot qui est habituellement très discret, s’exclame : « Quand même, c’est méchant, ça ! »
Surpris, on se tourne vers lui, et il continue :
- Mais oui, il y en a qui ont fait leur brouillon à l’avance, chez eux, et ils n’ont plus qu’à recopier ! Tandis que moi, j’suis honnête, moi ! je me casse la tête maintenant… Y en a qui vont avoir de meilleures notes que moi, c’est sûr. Mais moi, j’suis honnête… J’aurais pu le faire aussi chez moi, mon brouillon, mais je l’ai pas fait parce que j’suis honnête, moi !


Notre prof de français vient de piquer une colère ; elle a beaucoup crié.
Dans la classe, on n’ose à peine respirer et personne ne bouge.
Soudain, Moudenc se lève et se dirige tranquillement vers la corbeille à papier ; on le suit des yeux : tout en marchant il taille son crayon soigneusement et souffle dans le taille-crayon pour le nettoyer ; ça fait « swiiii… swiii… ».
Il retourne à sa place et un silence pesant s’installe.
Puis, Moudenc se relève, retourne tailler le même bout de crayon…
Quelques sourires apparaissent.
Lorsqu’il recommence son manège pour la troisième fois, toute la classe pouffe de rire ; l’atmosphère est enfin détendue…


Au tableau, Pernin et Patricia sont interrogés sur la concordance des temps.
Pernin commence à écrire un exemple avec une craie jaune, mais dans sa phrase il écrit « fesait ». Patricia efface le mot pour le l’écrire correctement à la craie blanche.
A la surprise générale, Pernin efface le mot juste pour le réécrire en jaune, comme le début de sa phrase. Il explique :
- Quelle idée d’écrire en blanc, ça me choque !
Enfin, après beaucoup d’hésitations, Patricia réussit à terminer la phrase sans erreur. La prof est satisfaite. Mais Pernin semble n’avoir rien compris. Alors elle lui demande :
- A ton avis, pourquoi a-t-elle écrit cela ?
- J’en sais rien, moi.
- Il y a bien une raison quand même ?
- Ben oui, c’est qu’elle doit être un peu toquée…
Et il accompagne ses paroles avec le geste de tourner une manivelle à la hauteur de sa tête.

Exercice de français : la prof nous demande de faire un texte libre, de dix lignes ; pas une de moins, pas une de plus.
Letourneur lève le doigt : « Est-ce qu’on peut mettre : un monsieur a perdu son chat, il appelle Minou, Minou, Minou….. »



Chaque vendredi, la classe est divisée en demi-groupe sciences et maths, puis on se retrouve en classe entière pour l’anglais.
Comme la prof de sciences n’a pas l’heure et que la salle préfabriquée se trouve au fond de la cour, notre groupe arrive régulièrement en retard pour le cours d’anglais, ce qui met la prof en colère.
Un jour où nous étions sortis en avance, la prof d’anglais arrive et demande :
- Alors, ils sont sortis de leur baraque, les autres ?
- OUI ! on est tous là !
- Miracle ! Il va neiger…


Toujours la concordance des temps ; la prof demande à Letourneur :
- Avec cette subordonnée, que veux-tu exprimer ?
- Moi ? Oh, rien du tout !


février
Madame Moussaillant est une maîtresse du cours préparatoire (CP) qui vient souvent dans la classe pour bavarder avec notre prof de français, pendant la récréation des petits. Très brune, elle porte des vêtements excentriques, un maquillage exagéré qui la fait ressembler à une sorcière.
Un jour, la prof de français dit à un élève :
- Alors, tu ne sais plus écrire un « m » convenablement ? Tu vas retourner chez madame Moussaillant.
- Qui c’est, madame Moussaillant ?
- Tu sais bien, celle qui vient ici de temps en temps.
- Ah, oui ! s’exclame Lelevier, Belphégor !



Nous sommes en français lorsque la secrétaire entre dans la classe :
- Je viens distribuer deux avertissements de travail donnés par votre professeur de dessin. L’un pour Pernin, l’autre pour Kéravec.
Le deuxième groupe s’écrie :
- NON, madame, pas Kéravec, il a rien fait !
- Pourtant, réplique la secrétaire, si monsieur Yver a donné un avertissement, c’est qu’il y a une raison.
Kéravec commence à sangloter, à taper sur sa table, et se met soudain à crier :
- OUAIS ! C’est de la faute à ce CON d’Yver !
Stupeur générale. La prof lui dit calmement :
- Fais attention à ce que tu dis, Kéravec ; contrôle-toi.
- J’m’en fous ! Je dis que c’est la faute à ce CON d’Yver !
Quelques exclamations faussement outrées fusent dans la classe : « oh là là… qu’est-ce qu’il a dit… »
Kéké hurle alors de plus belle :
- Oui, je l’ai dit, et si vous voulez, je peux même le répéter : Yver c’est un CON, un vieux CON, voilà, je l’ai répété ; vous êtes contents ? Oui ? Et bien maintenant, voilà ce que j’en fais, de ma feuille d’avertissement…
Et joignant le geste à la parole, il la déchire rageusement et jette les morceaux par terre.
Plus tard, lorsque Kéké s’est calmé, il a ramassé tous les morceaux et s’est amusé à les recoller avec du scotch, aidé par quelques copains…


La prof d’histoire nous dicte un résumé : « ….malgré les opérations de secours…. »
Letourneur se penche vers Massin et lui demande pour rigoler :
« Qui c’est, Secours ? »
Et Massin, très sérieusement :
« J’sais pas ! J’ai pas écouté ! »



La prof de français interroge Laurence sur l’œuvre de Molière. Elle lui pose une question dont la réponse est « Psychée »
Comme elle ne sait pas, Letourneur commence à vouloir lui souffler :
« Psych…. »
La prof fronce les sourcils et fait « Chut ! »
Alors Letourneur enchaîne : « Psych… tchou… tchou… le petit train ! »



Cette année, la dernière mode en matière de cartable, c’est d’avoir une malette, en général noire, et qui tient très mal en équilibre.
Souvent, ces malettes tombent, et cela fait toujours sursauter notre prof d’histoire.
Un jour, pour la faire enrager, Pernin fait exprès de maintenir sa malette en équilibre, prête à tomber : « Hou là, là… je sens qu’elle va tomber… oh ! attention, elle tombe ! »
La prof crie « Non, Pernin ! Arrêtez, ça suffit ; reposez cette malette immédiatement ! »
Pernin se tourne vers ses copains : « Alors, je la fais tomber ? Non, allez, je ne suis pas si vache… »


Dictée : « … parmi les éventaires… »
Letourneur : « Quoi ? Des vieux p’tits pères ? »


En français, Letourneur est interrogé sur les verbes transitifs.
La prof lui demande d’écrire un exemple de verbe transitif au tableau. Il écrit : « Il chante »
« D’accord, fait la prof, mais il faut mettre un complément. »
Il ajoute : « Il chante une chanson. »
« Bien, maintenant, un autre exemple. »
En soupirant, Letourneur écrit : « Il pleut. »
- Il faut un complément, crie la prof.
- Encore ? fait Letourneur ;
Et il rajoute fièrement : « Il pleut de l’eau mouillée ! »



Toujours en français, la prof surprend Pernin en train de distribuer des « corn flakes » à un copain.
- Pernin, qu’est-ce que tu as dans ta main ?
- Rien, madame.
- Ouvre ta main, et vite.
La prof voit les céréales.
- Va jeter ça à la poubelle.
- Oh, non, madame ! Pitié ! vous ne vous rendez pas compte, c’est du manger !


Le prof de maths vient d’écrire une formule au tableau.
Lemonnier n’en revient pas et s’écrie : « Oueueueu….eu… ! »
Tout le monde : « Ben si, c’est ça ! »
- Y comprend vite, celui-là, fait le prof
- A condition de lui expliquer longtemps, ajoute Letourneur.
- Mais non ! Même pas ! Il est vachement intelligent !


Nous sommes en rédaction ; silence complet.
Dans la cour retentit un rire idiot : « ha ! ha ! ha ! ha ! ha !… »
On pouffe de rire et Pernin s’exclame : « On dirait Judith ! »
(célèbre guenon d’un feuilleton télévisé).



En français, 15 h 15, l’heure de la récré des petits. Belphégor (madame Moussaillant) pousse la porte de notre classe. La prof s’avance vers elle, souriante. Aussitôt, huée générale : « Hou, hou, ououou…. »


Au début du cours de français Letourneur et Pernin font exprès de tousser pour empêcher la prof de parler.
Une fois calmés, elle leur a ordonné de tousser encore pendant 5 minutes, montre en main.
A la fin, ils avaient vraiment mal à la gorge !


mars
Anglais : Menuet est interrogé sur un petit skètche que l’on devait apprendre par cœur.
Malheureusement, il hésite un peu et récite d’un ton si monotone que l’on ne peut s’empêcher de rire.
La prof commence à perdre patience : elle aime que ses skètches soient vivants.
« Allez ! Décontracte-toi un peu ! Mets le ton quand tu dis ‘You’re miss Crofet, then ?’ . Allez, répète ! »
Il répète la phrase d’un ton encore plus triste et avec un air réellement affligé. Les rires redoublent, ce qui achève de le troubler complètement.
Menuet reste au tableau, la tête basse et les bras ballants.
« Mais enfin, crie la prof, ne sois pas figé comme ça ! Les autres se moquent de toi ! Continue… »
Il enchaîne le texte, s’embrouille et bafouille de plus en plus.
Cette fois, la prof hurle :
« Mais non, mon vieux ! ça va pas ! Tu restes figé là, les bras pendants, comme un constipé ! »
Eclat de rire général. Menuet se met à pleurer ; il retourne lamentablement à sa place.
La prof continue :
« Il faut t’entraîner chez toi, devant une glace. Et si t’as peur qu’on te voie, si t’as honte, ben mon vieux, t’as qu’à t’enfermer dans les cabinets !

La prof de français vient de donner une punition à Pernin.
Pernin : « Je me vengerai. »
- On verra ça ! Répond la prof.
Dix minutes plus tard, alors que la classe est plongée dans un exercice, la voix de Pernin s’élève :
« Ma vengeance sera TERRIBLE ! »


avril
Pendant le cours d’anglais, la prof a mis Kérourédan à la porte ; afin qu’il ne manque pas l’explication de la nouvelle leçon, elle se décide à le faire rentrer au bout d’une demi-heure.
Elle se dirige vers la porte, l’ouvre et crie : « Allez Kérou, reviens ! »
On attend un peu, pas de réponse et pas de Kérou…
La prof paraît étonnée et répète : « Ben alors ? tu viens, oui ? »
Alors, dans le couloir, s’élève un aboiement formidable : « OUAH ! » et Kérou entre immédiatement, accueilli par les rires de la classe…
(C’était le chien du directeur.)


Lemonnier doit rendre à la prof de français sa punition ; c’était une copie à faire dix fois. Il la donne à la prof en assurant : « Voilà, c’est complet, madame ! »
Méfiante, la prof examine le paquet de feuilles et découvre que toutes les copies intérieures étaient faites au carbone…



Un après-midi, un ballon venu de la cour est passé à travers la vitre de notre classe en cassant le carreau.
Bilan : trois blessés légers. (Lacroix, Menclé, Massin)


juin
Letourneur doit écrire trois phrases au tableau avec des mots en apposition.
Voici ses phrases :
Lelevier, le cancre, aime bien son radiateur.
La côte atlantique, bretonne, se trouve près de la mer, sur la terre.
La Bretagne , verte et bleue, est habitée par des Breton.
A ces mots, la prof précise : « Il n’y a pas que des Bretons, tu sais. »
Il complète sa phrase avec : « et des touristes »
- Il n’y a pas que des touristes non plus, il y a d’autres choses.
- Oh ! fait Letourneur, ça m’embête !
Et il termine : « et d'autres choses ! »



En maths, nous étions installés dans une autre classe lorsqu’on frappe à la porte.
« Oui ? » répond le prof.
Un garçon à l’air un peu ahuri entre et demande :
« Pardon, m’sieur, je viens chercher le cahier d’appel de la 5e A »
Il s’avance et s’empare du cahier qui était resté sur le bureau.
« Donne ça ! fait notre prof.
- Mais non, m’sieur, faut que je l’emporte…
- C’est quoi ça ? demande le prof en désignant le cahier.
- Ben, c’est le cahier d’appel de la 5e A !
- Comment tu t’appelles ?
- Bossoura.
- Hein ? Quoi ? Comment ?
- BOSSOURA, m’sieur !
- Bossoura ? Voyons… Bossoura, Bossoura… Z’êtes un rigolo, vous ?
- !
- Hein ? z’êtes un rigolo ? Hein, répondez ! Z’êtes un rigolo ?
- Ben non, m’sieur.
- Mais si, mais si… Et qu’est-ce que tu veux ?
- Le cahier d’appel de la 5e A…
- Et alors, qu’est-ce que vous attendez pour le prendre ?
Le garçon reprend le cahier, et se dépêche de sortir…


Le lendemain, dans la même classe et toujours en maths, on frappe à la porte.
Le même garçon entre dans la classe ; en nous voyant, il a un mouvement de recul… Tout le monde éclate de rire.
Boudjéna sourit : « Comment tu t’appelles, déjà ?
- Bossoura, répond l’autre en soupirant
- Qu’est-ce que tu veux ?
- Le cahier de la 5e A.
- Pourquoi tout le monde rigole quand tu entres en classe ?
- J’sais pas, m’sieur…
- Comment, tu sais pas ? Comment tu t’appelles ?
- Bossoura.
- Allez, tiens ! prends-le ton cahier… »

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classe de 4e B 1972 – 1973  posté le mardi 17 octobre 2006 21:10

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1972 – 1973

classe 4e B

Quelques changements se sont produits : Pernin a quitté l’école, d’autres encore ont déménagé. Mais on se connaît tous de vue, et les vedettes se retrouvent : Letourneur, Lelevier, Lemonnier, Moudenc, Margot, et bien sur Kéravec.


1. BARBANCE Odile
2. BOZAN Marie-Pascale
3. BRISSET Pierre
4. BRULE Liliane
5. CHAMARD Nelly
6. DEBU Thierry
7. DECAND François
8. DEMORIEUX Martine
9. DERVEAUX Joëlle
10. DISSOUBRAY Luc
11. FAVARIO Catherine
12. GODARD Joëlle
13. GRECO Elisabeth
14. KERAVEC Christian
15. KRASNOPOLSKY Guillermo
16. LACROIX Dominique
17. LAVIGNE Brigitte
18. LEDORTZ Patricia
19. LELEVIER Alain
20. LEPROVOST Marie-Françoise
21. LETOURNEUR Philippe
22. LOLLI Claudine
23. MACALUSO-DEPLANO Joël (parti à Noël)
24. MARGOT Christophe
25. MOUDENC Christophe
26. PRUDHON Isabelle
27. REMINGER Christian
28. RICHARD Ghislaine
29. SANCHEZ Jean-Pierre
30. SANNIER Michel
31. SAVAETE Christian
32. SIMARD Marie-Hélène

Chefs de classe : Nelly Chamard et Alain Lelevier, puis Dominique Lacroix
Directeur : Monsieur Reynouard, puis Monsieur Binelli
Professeurs :
M. Augry (Gérard): prof principal, français, histoire, géo, instruction civique.
M. Boudjéna (Germain), surnommé « boubou » : maths
Melle Féréol (Marie-Henriette) : anglais
Mme Shakoury (Louisette) : allemand
M. Toussaint : géologie, technologie (pour les garçons)
Mme Gougeon : Musique
Mme Vasseur : couture (pour les filles…)
Mme Deray : dessin
M. Butet : gym (puis, monsieur Sevenou)



C’est notre première année d’allemand.
La toute première question est posée à Lelevier qui répond « YES ! »



octobre
Cours de musique ; Claudine est en train de mâchouiller un chewing-gum. La prof, qui a horreur de ça, lui demande d’aller jeter ce qu’elle mange.
« Je ne mange rien, madame, répond Claudine avec aplomb.
- Pourtant, je vous ai bien vue : vous avez des tics ? (rires)
- Je ne sais pas, répond Claudine, vexée. Mais en tout cas, je ne mange rien.
- Bon, d’accord, fait la prof. »
Un peu plus tard, l’assistante médicale entre pour nous faire compléter des fiches.
Claudine va au bureau et ne peut s’empêcher de mâcher…
Une fois l’assistante sortie, la prof l’appelle et lui dit :
« Cette fois, je vous ai vue, Claudine, et ne me dites pas que c’est un tic. »
Claudine ne répond rien et va jeter son chewing-gum.
« Vous me copierez cinquante fois ‘je ne dois pas manger de chewing-gum en classe’ »
Quelques minutes plus tard, la prof regarde fixement Sannier et lui dit :
« SANNIER ! Chewing-gum !
- Non, madame, répond Sannier, je n’ai rien !
- Mais oui, hurle la prof, c’est encore pire ! Je les connais ces petits malins qui font semblant de mâcher pour avoir ensuite le plaisir de me dire ‘non madame, je ne mange pas’… Vous me copierez le mot ‘chewing-gum’ cinquante fois ! »
Alors, Sannier se lève dignement, se dirige vers la corbeille et y jette un chewing-gum !
On éclate de rire.
« Ah ! et en plus, il en mangeait vraiment un ! Et bien ce sera cent fois de plus pour vous apprendre à vous moquer du monde ! »


Notre prof de couture est têtue comme une mule : nous devons coudre une petite chemise de nuit de bébé dans un tissu à carreaux bleus et blancs, avec des fleurs roses ; elle nous a fait mettre le tissu à l’envers, malgré nos protestations, elle affirme que c’est l’endroit…



Le prof de français n’est pas encore arrivé, mais nous montons nous installer en classe. Il paraît que Kéravec se serait cassé une dent en tombant à la suite d’une bagarre.
Soudain, un hurlement au fond de la classe : c’est Kéké qui vient de se jeter comme un fauve sur Lelevier qui s’était moqué de lui ! On voit bien que Kéké est au bord de la crise de nerf ; il frappe et cogne sur Lelevier, qui, à son tour, le projette par terre ; Kéké se relève, rouge de colère, et bondit à nouveau sur Lelevier. Alors Lelevier serre le cou de Kéké et commence à l’étrangler… On dit à Lelevier d’arrêter un peu…
A ce moment, Kéké pousse un affreux cri rauque, agonisant. Inquiet, Lelevier le lâche, et Kéké reprend aussitôt de la vigueur ! Ils continuent à se battre malgré leurs copains qui tentent de les calmer.
Enfin le prof arrive et ils s’arrêtent.
Au moment où Lelevier retourne à sa place, Kéké lui crache dans le dos ; furieux, Lelevier fait volte-face, empoigne Kéké et l’envoie contre le mur où sa tête rebondit…
Définitivement vaincu, Kéké s’en va pleurer sur sa table…


A la fin du cours de couture, une délégation de filles se rend au bureau du directeur avec un échantillon du tissu. La surveillante l’examine soigneusement et déclare que nous avons raison.
Au cours suivant, nous guettons la prof ; enfin, elle montre à Patricia comment placer le tissu sur le patron.
Patricia proteste : « Non, madame, ça c’est l’envers ! »
- Ah ! non ! hurle la prof. Vous n’allez pas recommencer avec cette histoire ! Je vous dis que ça c’est l’endroit ; je suis prof de couture tout de même, vous n’allez pas m’apprendre mon métier. Ca, c’est l’ endroit !
- En tout cas, madame Duprat, elle a dit que c’était l’envers, réplique calmement Nelly.
- Qui ça ?
- Madame Duprat, la surveillante générale en personne… Hé oui !
- Ah bon ?
La prof hésite un instant, puis elle nous dit :
« Bon ! Et bien retournez-le ce tissu, et puis je ne veux plus entendre parler de cette histoire, vous m’entendez ? »

Un peu plus tard, on entend un énorme gargouillis d’eau dans un coin de la classe. Comme la salle de couture est située au-dessus d’un poste de police, la prof nous explique en désignant le bruit :
« J’ai appris ce matin que c’était la chasse d’eau des flics ! »
« Des agents de police, madame », rectifie Nelly
La prof la regarde, interloquée : « Oui, oui, des flics, des agents de police, c’est la même chose, non ?
- Pas tout à fait, madame, c’est plus poli ! »


Notre directeur, monsieur Reynouard, est parti à la retraite et un plus jeune est arrivé. Dommage, on l’aimait bien.

La prof de musique est enceinte. Plus de cours jusqu’à la fin de l’année. Encore dommage, on s’amusait bien !


janvier
Couture : Nous fabriquons une boite en carton pour ranger les disques.
La prof explique : « … puis, nous mettrons la boite qui contiendra les disques… heu… heu… les 33 tours, je crois ? Les petits disques, c’est bien les 33 tours ? »
- Non, madame, c’est les 45 tours
- Ah bon ? Donc les 33 c’est les grands et les 45 les petits… Merci ! »


février
Nous sommes tous rassemblés autour de la grande table de sciences pour examiner des échantillons de roches.
Un gars de 3e entre, regarde autour de lui et demande :
« Vous n’auriez pas trouvé un grand classeur noir, par hasard ?
- Non, non, mon enfant, répond Moudenc d’une voix mielleuse, nous n’avons pas trouvé de classeur noir ici… Mais Dieu vous le rendra ! »
L’autre nous regarde, l’air ahuri, et sort en haussant les épaules !


Pendant le cours de dessin, c’est le chahut habituel, et la prof ne réagit pas.
La dernière fois, Lelevier est allé prendre un morceau de pain à la cantine et s’est installé sur les marches de l’escalier du couloir pour le manger…


mars
La matinée commence par une interrogation écrite de maths.
Nous sommes tous présents, sauf Alain et Dominique (chefs de classe) chargés de ramasser l’argent de la cantine sous le préau.
Nous travaillons déjà depuis dix minutes lorsque Boudjéna s’écrie :
« Mais il y a des absents, ici ?
- Oui, m’sieur, il manque Lelevier et Dominique, ils font la cantine…
- Quoi ? hurle le prof, comment ? ils font la cantine ?
- Ben oui, m’sieur ; comme tous les lundis.
Boudjéna attrape le premier élève sous sa main, soit Dissoubray, le secoue comme un prunier et lui crie : « VOUS ! Allez, allez me les chercher, tous les deux… Dites-leur de venir IMMEDIATEMENT ! Allez, filez ! »
Dissoubray disparaît en courant dans le couloir et revient presque aussitôt : « Les voilà ! »
Les deux coupables arrivent très décontractés. Boudjéna les prend par le bras et hurle :
- Où étiez-vous ? Vous n’avez pas vu l’heure ? Et bien sûr, vous n’avez pas de billet de retard ? REPONDEZ !
- Non, mais monsieur le directeur est au courant.
- Et bien retournez le voir, votre directeur, et dites-lui que je ne veux plus vous voir. SORTEZ !
Ils sortent…
Cinq minutes plus tard, ils reviennent avec un mot du directeur.
Boudjéna le lit puis crie : « Ce n’est pas une excuse ! gardez-le votre mot ! Allez vous asseoir : il vous reste exactement trois minutes pour faire l’interro… AU TRAVAIL ! »


Aujourd’hui, on a eu une alerte à la bombe, ce qui nous a permis de sortir une demi-heure en avance… La police est venue et a fouillé partout. Résultat : fausse alerte.


Journée orageuse : Boudjéna pique une colère noire contre Sannier qui a raté sa page de géométrie. Boubou hurle, la déchire puis la lui jette à la figure…
Peu après, Letourneur a oublié son cahier de maths… Le prof hurle :
« Passez à la porte, SORTEZ ! »
A ce moment, dans la classe voisine, on entend la prof d’anglais crier :
« Janoli ! J’en ai marre de toi, passe à la porte ! »


En allemand, Decand a roté un grand coup…


Pour le cours d’anglais, Decand et Brisset ont apporté leur magnétophone afin d’enregistrer la prof en train de crier.
Ils attendent le moment propice.
Ca y est ! La prof commence à se fâcher contre nous…
On se tourne discrètement vers Decand pour lui signaler que c’est le moment d’enregistrer.
Malheureusement, il se trompe de bouton et le magnéto émet un long sifflement dans la classe : « pwiiiitttt !…. »
Démasqué, il a été obligé de le ranger.


Nous avons une stagiaire très sympa en français.
Sannier, qui a toujours les doigts plein d’encre, s’en était mis près des yeux.
Au milieu de son cours, la stagiaire s’interrompt soudain et regarde fixement Sannier :
« Ma parole ! Tu te maquilles, toi ? »
Nous le regardons aussi et éclatons de rire…


Une heure d’étude à faire avec Boudjéna comme surveillant…
Nous sommes obligés de travailler. Au bout de quelques minutes, Kéravec s’amuse tout seul avec sa trousse et ses crayons… Le prof s’en rend compte, s’approche de lui et le tire par les oreilles jusqu’à une table au fond de la classe.
Pour occuper tout le monde, Boubou nous donne un exercice de maths.
Kéravec refuse de le faire. Le prof revient vers lui et se met en colère : il le tire à nouveau par les oreilles, le secoue dans tous les sens… Kéké hurle, Boubou crie :
- Commencez votre exercice immédiatement !
- NON, j’le ferai pas !
- Comment ? Je vais dire à votre père de venir me voir, on va discuter avec lui…
- OUAIS ! Vous pouvez toujours ; il va venir, mon père, et vous allez voir ce qu’il va vous dire, mon père !
En disant ces mots, Kéké se met à donner des coups de pied au prof.
« Si vous voulez jouer au plus fort, dit le prof, passons dans la classe d’à côté… »
Boudjéna entraîne Kéravec dans la salle voisine, vide heureusement.
On se lève tous de nos chaises et on se presse à la porte pour mieux voir…
Kéké tente de se dégager de la poigne du prof en gigotant, tandis que Boubou essaie de le calmer. On voit Kéké voulant donner un grand coup de poing au prof, mais il le rate et son poing cogne violemment la table…
Finalement, Boubou est bien le plus fort. Kéké cesse de se battre et se met à pleurer…


En couture, Patricia bavarde avec ses copines : « …il aura de mes nouvelles, ça c’est sûr ! »
La prof lève le nez : « Qui ça, mademoiselle, aura de vos nouvelles ? Votre petit copain ? »
- Ca vous regarde pas ! réplique Patricia.


Brisset cherche à placer un petit chaton ; un matin, il demande au prof de maths s’il est intéressé. Nous sommes en plein cours, le prof répond vaguement : « Comment il est votre chat ? il faudrait me l’apporter ! »
Le lendemain, Brisset arrive à l’école avec le chaton dans sa sacoche de vélo !


En classe, un papier plié en huit circule parmi les élèves. Dessus, il est écrit « appuyez ici ! » et une flèche montre un endroit précis. Après, lorsqu’on a ouvert le papier, on s’aperçoit que l’on a mis son doigt sur une mouche écrasée avec cette inscription : ‘A ma belle-mère chérie !’


Sur le mur de notre classe, les garçons ont affiché tout un tas de posters variés : moto, voitures, sports, vedettes… et parmi ces affiches se trouve celle d’un beau bébé bien joufflu !
Un jour, Moudenc s’approche de la photo, la regarde bien et dit : « Quelle tête de plouc, ce mec là ! »
Puis il lui crache dessus !



7 juin 1973 : nous passons le certificat d’études.


12 juin : excursion à Fontainebleau, pique-nique.


26 juin : On ne travaille plus depuis le 25 mai…
Ce matin, Savaète s’est fait voler 70 F dans sa malette.



29 juin : On organise un goûter pour la fin de l’année ; Joëlle, Martine et moi avons apporté 6 litres de soda et 1 kilo de gâteaux. Heureusement que nous sommes là, nous les filles… Martine avait son transistor. Nous étions une vingtaine dans notre classe, et pas le moindre prof…


30 juin : La distribution des prix
Pas d’estrade, cette année. Chaque professeur principal lisait le palmarès de sa classe.
Les profs ont été applaudis :
Pour Toussain, tout le monde a crié « Hourra ! »
Pour Boudjéna aussi.
Mais pour Féréol, il y a eu quelques « hou… ou…… »
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classe de 3e A 1973 - 1974  posté le mardi 17 octobre 2006 21:18

Blog de bribibi :souvenirs de Langevin à Bagneux, classe de 3e A 1973 - 1974

1973 – 1974


classe de 3eA

la classe des fous (selon les profs)


1. AMBROGIO Carmela
2. APERE Olivier
3. BARBANCE Odile
4. BICHERON Isabelle (Bibiche)
5. BRISSET Pierre
6. BRUN Sylvie
7. CHAUVIN Philippe (Chocho le fayot)
8. DECAND François
9. DERMARKARIAN Eric
10. HARRIBEY William (Riton)
11. HELLEC Jocelyne
12. JOURDAIN Patrice
13. KERAVEC Christian (Kéké)
14. LAVIGNE Brigitte
15. MARGOT Christophe
16. MOUDENC Christophe (Moumou)
17. PAGANDET Marc (Pagandouille)
18. PRUDHON Isabelle
19. RICHARD Gislaine
20. RODRIGUEZ Pierre-Yves (Roro)
21. TAGLIABUE Jean-Louis (Tata)

Chefs de classe : Rodriguez et Ambrogio
(provisoires : Decand, Jourdain)

directrice : Mme Marcaillou

professeurs :
M. Dalle : prof principal, Français, histoire, géo, instruction civique
M. Boudjéna : maths
Mme Shakoury : allemand
Melle Villain : techno, sciences
Mme Vasseur : couture
Mme Bulot : dessin
M. Sévenou : gym
Mme Gougeon : musique


Dès le jour de la rentrée, c’est la foire et le chahut… Les profs disent que ça promet !
De plus, notre classe ne se situe pas dans le bâtiment principal de l’école, mais dans les deux salles préfabriquées au bout de la cour. Nous en occupons une, l’autre reste vide pour faire du dessin ou des sciences. Nous sommes donc isolés des autres classes, et on en profite !


En musique, la prof constitue des groupes d’élèves pour faire des exposés.
Tout le monde est réparti sauf Pagandet qui n’a pas encore trouvé de place dans un groupe.
La prof demande : « Qui veut prendre Pagandet dans son groupe ? »
Pas de réponse… La prof répète sa question.
Dans les groupes on entend : « Non, non, on est complet… »
Géné, Pagandet devient tout rouge et se balance bêtement sur sa chaise ; soudain, il bascule en arrière et se retrouve les quatre fers en l’air !
Tout le monde rigole et il devient encore plus rouge.
Moudenc lui demande : « Pourquoi t’es rouge, Pagandet ?
- Mais non, voyons, répond Jourdain, c’est le reflet de son pull ! »




Nouvelle manie des garçons : ils traitent tout le monde de « Mongol » !


En anglais, c’est la foire complète : dans le coin des chahuteurs, les gars rigolent ; Jourdain s’amuse à l’aide d’un crayon, à faire pointer une mèche de cheveux au sommet du crâne de Dermarkarian, pour lui faire une corne…



Les profs sont toujours en train de chercher la clé qui ouvre notre classe et la salle voisine.
Un jour, juste avant le cours d’allemand, on prend la clé restée sur le bureau et on décide de s’enfermer dans la classe afin que la prof ne puisse pas entrer…
La porte est bien fermée, nous guettons la prof et on s’aperçoit soudain que Moudenc et Chauvin sont restés dehors ! Pas le temps d’ouvrir, la prof arrive au loin ; alors on les aide à passer par la fenêtre. Chose facile pour Moudenc, grand et mince, nettement plus dur pour Chauvin (petit et rondouillard) qu’il a fallu hisser et tirer fermement.
La prof attend environ dix minutes derrière la porte d’entrée, puis, comme on ne se décide pas à ouvrir, (on dit qu’on a perdu la clé !) elle va chercher un double des clés au bureau du directeur.



La prof de dessin s’est vite fait une opinion de notre classe ; lorsque les garçons lui ont demandé si, par hasard, elle n’était pas mongole, elle s’est exclamée :
« Mais c’est une classe de fous, ici ? »
Et tout le monde a hurlé :
« OUI ! ! ! »


En couture, la prof dicte un résumé si lentement que l’on a le temps de lever la tête entre chaque mot. N’y tenant plus, Odile s’écrie :
« On s’endort, madame, vous savez ! »


Pendant l’inter-classe, en attendant le prof suivant, Harribet s’amuse à sauter de table en table ; au fur et à mesure, Chauvin renverse les tables derrière lui…
Soudain, vacarme assourdissant : Harribet s’est effondré parmi l’amoncellement de tables et chaises.


Début octobre, la pendule de la classe avance d’un quart d’heure. Le prof de français, pointilleux, la remet à l’heure.
Le lendemain, Decand l’avance de 10 minutes.


Moudenc est déchaîné, cette année : il n’arrête pas de faire l’andouille, et il dit des trucs comme « Bien vu, l’aveugle ! » ou « T’es sourd ? Moi, j’suis muet, on va bien s’entendre… »


Chauvin a renversé la malette de Pagandet. Toutes ses affaires sont éparpillées sur le sol. Il les range, et cinq minutes plus tard, c’est Harribet qui la retourne encore une fois. Pauvre Pagandet…


6/10
A la récréation de midi, les gars des deux 3e se sont jetés sur Harribet et l’ont enfermé dans le cagibi aux poubelles, sous l’escalier de la salle de couture.
Ensuite, ils ont pris Sylvie Brun pour l’enfermer avec. A chaque fois qu’ils se risquaient à sortir, les gars leur crachaient dessus, du haut des escaliers.
Sylvie réussit à sortir. Puis, les gars se sont dirigés vers notre petit groupe et ont pris Françoise Pluvinage. A la sonnerie, tous les prisonniers ont été libérés !



Le cours d’anglais se déroule toujours dans un chahut monstre. La nouvelle mode est de passer les cartables, trousses et vêtements par la fenêtre… Heureusement, la salle est de plain pied.
Le sac d’Harribet arrive ainsi jusquà Moudenc ; pour rigoler, il demande :
« J’le passe par la fenêtre ?
- T’es pas chiche », répond Kéravec.
Aussitôt dit, Moudenc lance le sac qui va s’écraser dans la cour…
Peu après, une trousse prend la même destination.
Pendant ce temps, au fond de la classe, Kéravec et Tagliabue jouent au foot avec une balle de tennis !
A la fin, pour faire enrager Kéké, un gars a lancé leur balle par la fenêtre.


En maths, Tagliabue n’écoute pas. Le prof s’approche de lui, passe la main dans ses cheveux, puis la secoue d’un air dégoûté, comme s’il y avait des poux…


On apprend que le prénom de notre prof d’allemand est « Louisette ».
Juste avant le cours, on écrit en gros au tableau : « BONJOUR LOUISETTE »
La prof arrive et ne comprend pas pourquoi tout le monde pousse de petits gloussements…
Lorsqu’elle ouvre le tableau, elle dit simplement :
« C’est très gentil, merci. Vous voyez, en effet, j’ai un prénom, comme tout le monde et il n’y a pas de quoi rigoler comme ça… »
On s’est trouvé un peu bêtes…


Comme la prof d’allemand n’aime pas que l’on dise des gros mots pendant son cours, un gars a inscrit au tableau :
« DEFENSE ABSOLUE DE DIRE DES GROS MOTS »
La prof a été très heureuse de cette initiative.
Mais, le lendemain, une main anonyme avait modifié la phrase :
« AUTORISATION ABSOLUE… »


En maths, Kéravec à eu le malheur d’oublier une fois de plus son cahier…
Boubou est en colère :
- « Regardez-moi celui-là, dit-il en désignant Kéké qui sourit, et il est content ! Il rigole ! Regardez le beau cahier qu’il a devant lui !
(Rires)
- Allez, levez-vous, levez-vous…
Kéravec se lève. Boudjéna reprend :
- Vous savez, je peux très bien vous renvoyer chez vous pendant quinze jours… Vous ferez le ménage ! Il y a beaucoup de moutons chez vous, sous les lits ?
Kéké rigole bêtement et ne répond pas.
- Et ça le fait rire ! Je vous demande s’il y a beaucoup de moutons chez vous ? Répondez !
- Oui ! (rires)
- OUI ? Il y a de quoi vous occuper pendant quinze jours ?
- Oui !
- Eh bien ! ça prouve qu’il y a longtemps que vous n’avez pas fait le ménage… Ca doit être propre chez vous ! »


En se bagarrant, les garçons ont fait un trou dans le mur de la classe…


15/10
Le matin, Odile se fait renvoyer du cours de maths par Boubou.
Puis, en techno, Dermarkarian est mis à la porte.
Enfin, l’après-midi, la prof d’allemand renvoie Decand.
A la fin de la journée, notre nouvelle directrice est venue nous faire un petit discours sur la discipline…


Le lendemain, en attendant notre prof de dessin, les gars se mettent à la fenêtre et commencent à appeler un copain de 3e B : « ALDO ! ALDO ! ALDO ! ALDO… » de plus en plus fort jusqu’à hurler.
Cela fait un vacarme terrible dans le silence de la cour.
Soudain, la directrice sort en trombe d’une classe et nous fait mettre immédiatement en rang. Elle nous donne une conjugaison, déclare que nous sommes  malades, complètement fous, et que ce n’était pas la peine de discuter hier soir pendant une demi-heure… etc…


Il y avait longtemps que les garçons n’avaient pas parlé de Mongols. Un gars en fait la remarque et aussitôt Moudenc se met à chanter à tue-tête « et viva Mongolia » , sur l’air de « Viva Espana »



Anglais : C’est le chahut habituel ; dans le fond de la classe, Kéravec et Tagliabue se bagarrent à coup de règles en plastique. Kéké a chipé celle de Tata, et Tata celle de Kéké ! Tata la cogne violemment contre la table et la règle s’écaille un peu ; furieux, Kéké en fait autant avec celle de Tata…
Alors, Tata casse en deux celle de Kéké qui casse aussi celle de Tata !
Ils sont à égalité !
Ils s’amusent alors à les réduire en miettes et à lancer les morceaux à travers la classe.
Après, n’ayant plus rien à casser, ils récupèrent tous les morceaux à quatre pattes sous les tables, puis jouent à les reconstituer comme un puzzle…



En musique, Jourdain, qui est au premier rang, avait avancé sa table, on ne sait pas pourquoi. Un peu plus tard, en se balançant sur sa chaise, il tombe en arrière avec fracas ! En se relevant, surpris, il explique : « Ben, je croyais qu’il y avait une table derrière ! »



Chahut général en techno : Moudenc a passé son tendeur de vélo autour de sa table ; en tirant, la table bascule doucement vers lui lorsqu’il dit : « Esprit….es-tu là ? »

L’après-midi, pour s’amuser, le même Moudenc a emprunté le châle d’une fille de
3e B. Il l’a accroché à la fenêtre près de lui, et tout en tirant sur les franges, il chante : « Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette… »



En maths, Boudjéna nous demande le nom d’un certain genre de bipoint.
Comme personne ne trouve, il crie :
« Vous devriez savoir, pourtant : c’est votre nom ! »
On se regarde, intrigués, puis on s’écrie tous ensemble : « NUL ! »
- C’est bien ! fait le prof, vous vous reconnaissez…


Bien que nous soyons à la mi-octobre, Moudenc se met à fabriquer des poissons d’avril en papier ! Peu à peu, autour de lui, tout le monde est au courant.
Il décide d’en mettre un dans le dos de Tata qui ne se doute de rien ; Moudenc se lève, s’approche, se penche vers lui tout en lui donnant une grande tape dans le dos, et lui demande : « Heu… t’aurais pas un machin, heu… un truc… non ? bon… ».
Satisfait, n’attendant pas la réponse, Moudenc retourne à sa place, laissant Tata complètement ahuri qui a gardé son poisson toute la matinée…


Dermarkarian a un gros rhume ; il commence à se moucher fort, très fort… tellement fort que l’on ne peut plus entendre parler le prof de français !
Son nez bouché résonne comme une trompette ; on se tourne vers lui en rigolant…
Il s’exclame : ‘Ben quoi ? Faut bien que je me mouche, ça veut pas sortir ! »
Comme il continue de plus belle, Monsieur Dalle l’envoie se moucher dans la salle voisine (vide). Au moment où il passe la porte, le prof lui crie : « Et ferme bien la porte ! »


Le prof de techno explique à une fille le système des poulies :
« C’est comme sur un vélo, dit-il.
- Vous ne voulez pas que j’aille chercher mon vélo, non ? Demande Brisset en riant.
- Mais oui ! s’il vous plaît… » répond le prof.
Et sous les regards ahuris de l’autre classe, Brisset a ramené son vélo jusque dans la classe.


Un après-midi, en attendant la prof d’anglais, Moudenc, suivi de quelques copains, décide d’aller explorer le cagibi aux poubelles, près de la classe, sous l’escalier de la salle de couture.
Ils y sont déjà depuis un bon moment lorsque la prof traverse la cour et se dirige vers nous. Chauvin se précipite alors avec une planche et coince la porte du cagibi avant que les autres ne sortent. Ils se mettent à tambouriner à la porte en hurlant : « Hé ! Ouvrez, on veut sortir ! »
Voyant cela, la prof ordonne à Chauvin de débloquer la porte. Déçu, Chauvin essaie d’enlever la planche, mais elle est bien coincée…
La prof s’énerve : « Cessez de jouer les malins et ouvrez cette porte en vitesse.
- On voudrait bien, mais on peut pas ! »
Malgré nos efforts, impossible d’ouvrir… A l’intérieur, les garçons hurlent qu’ils en ont marre, qu’ils veulent sortir et que Chauvin est un sale con…
La prof part chercher la directrice.
Lorsque celle-ci arrive, les prisonniers se sont libérés à force de ruer contre la porte.
La directrice n’est pas contente : « Vous êtes complètement fous, dans cette classe ; on a beaucoup moins de problèmes avec la 3e B . Quelle idée d’aller s’enfermer là-dedans… On ne peut vraiment pas vous faire confiance ; j’en ai MARRE de cette classe ! »
Sa voix était tellement aiguë que Tata n’a pas pu s’empêcher de rigoler doucement au fond de la classe. Mais la directrice le remarque :
« Et ça te fait rire, toi ? Une heure de colle ! »
Tata tente de se défendre :
- C’est pas pour ça que je riais…
- Et une heure de plus pour t’apprendre à répondre… »
Enfin, la directrice s’en va emmenant le pauvre Tata avec elle.
La prof se tourne vers nous et commente en souriant :
« En tout cas, vous êtes vraiment malades, ici… et puis ça ne doit pas sentir bon, là-dedans ? »



En musique, pendant que la prof nous fait écouter une symphonie de Beethoven, Moudenc se met à mâcher de l’ail et à roter ! L’odeur se propage peu à peu à toute la rangée, puis à la classe entière, au point qu’il faut ouvrir les fenêtres et la porte.
Ca sent tellement mauvais que certains vont respirer à la fenêtre avant de regagner leur place… Au milieu de ce remue ménage, Moudenc regarde ces copains d’un air étonné et dit : « C’est bizarre ! Je sens rien, moi ! Y a que moi qui sent pas ! »
La prof arrête le disque et veut nous donner un devoir écrit.
Les garçons se mettent à protester en disant que s’ils n’écoutent pas, c’est parce qu’ils n’aiment que la ‘pop music’ . La prof réplique : « C’est parce que vous n’écoutez pas dans le calme.
- Ho, vous savez, fait Moudenc, chez moi j’ai un disque de Vivaldi, et j’ai beau l’écouter plusieurs fois, je trouve ça toujours aussi con… »


Un serrurier est en train de réparer la porte du cagibi ; désormais, il y a une belle serrure avec une clé… On ne pourra plus y entrer.


Kéravec traduit un texte d’allemand avec beaucoup d’hésitations :
« …heu… au bout des bras… heu….il y a …heu… heu…
- LES PIEDS ! » souffle Chauvin.


Le prof de maths traverse la cour d’un pas énergique pour venir dans notre classe ; son visage est crispé, ses traits tendus car il vient de piquer une bonne colère après les 3e B.
Il entre, ses yeux noirs nous fusillent… Silence total dans la classe, on ne bouge pas, on n’ose à peine respirer…
Moudenc se penche vers son voisin et lui chuchote :
« Ha ! Quand Boudjéna arrive, il apporte avec lui le soleil, le bonheur et la joie de son pays… »


Question de géographie : « Lorsque le cognac n’est pas d’excellent qualité, qu’est-ce qu’on en fait ? »
Et Harribet, très sérieusement : « Du vinaigre ! »



Le prof de français nous explique ce que l’on appelle « rimes pauvres » dans un poème.
Dermarkarian cherche à comprendre : « Par exemple, si ça se termine par ‘an’, on dit ‘sanglant, poil aux dents’ ?
- Et si ça se termine par ‘u’ ? » demande innocemment Rodriguez.


Un matin, on s’aperçoit que Chauvin est absent.
Quelques remarques fusent : « Ouais ! Hourra ! Tant mieux… on sera tranquille… »
Cinq minutes après, on frappe. Chauvin entre ; une grande lamentation s’élève :
« Hoooo ! …. »


En anglais, une fille de 5e entre ; les garçons se mettent à siffler, pousser des cris… Rodriguez s’exclame : « Et ben quoi ? Vous n’avez jamais vu un monstre ? »


Réflexion de la prof de musique : « Vous n’êtes qu’une bande de petits fous !»
Au bout d’un quart d’heure de cours, on s’aperçoit que Decand est resté dehors à jouer avec les 3e B. (La récré est décalée).
La prof le remarque aussi, mais ne dit rien.
Peu après, Decand frappe à la porte, entre aussitôt et lance d’un air décontracté : « B’jour, m’dame ! »
La prof se place devant lui et répond posément : « Bonjour, monsieur… »


22/11
En rentrant en classe, on s’aperçoit qu’on nous a volé plusieurs posters.
Tout le monde est énervé ; les gars jouent au foot contre les carreaux, et de temps en temps, on se met à pousser des cris stridents…

Pendant l’anglais, Moudenc a pris son gant, l’a rempli de papier froissé et l’a attaché au bout de sa grande règle. Avec cette fausse main, il s’amuse à chatouiller les filles…


A propos de la coopérative, réflexion de Chauvin : « Ouais, la coopérative, ça sert à engraisser les profs ! »


Ce matin, nous sortons de la salle de couture et nous allons nous installer en classe ; les garçons sont encore en atelier. On en profite pour retirer quelques chaises et les cacher dans la salle voisine ; on va bien rigoler…
Les gars arrivent peu à peu et chacun s’empresse de prendre une chaise.
Kéravec, qui était parmi les derniers, s’aperçoit qu’il n’a pas de chaise, alors il va prendre celle d’Harribet. Celui-ci dit à Kéké de la lui rendre immédiatement ; Kéké refuse et s’assoit tranquillement.
Harribet soulève les deux pieds arrière de la chaise et Kéké se retrouve par terre…
Il se relève d’un bond et se jette sur Harribet pour le frapper.
Brisset s’interpose afin de le calmer, mais c’est lui qui reçoit un coup de poing de Kéké ! Brisset n’est pas content du tout : il coince Kéké contre le mur et lui donne une correction. Un gars hurle : « Laisse-le donc, Brisset, t’es aussi con que lui ! »
Dans la lutte, deux posters qui restaient sont arrachés et réduits en bouillie.
La bagarre faisait tellement de bruit que soudain, la porte de communication avec la salle voisine s’ouvre, et un jeune prof barbu apparaît.
Il empoigne Tagliabue qui se trouvait là, et nous demande quel professeur nous attendons. On répond : « La prof d’allemand ».
« Bon ! » Répond le barbu en entraînant le pauvre Tata qui n’y était pour rien.
Du coup, le calme revient peu à peu…
Soudain, Kéké porte la main à son œil et se met à hurler… Stupeur générale ! Harribet explique : « C’est rien, je lui ai mis le doigt dans l’œil ! »
La prof arrive enfin ; on s’assoit tous, sauf Kéké qui n’a toujours pas de chaise et qui continue à pleurer…
« Décidément », fait la prof, « on ne peut pas vous laisser seuls cinq minutes sans qu’il y ait une bagarre… »
- C’est de la faute à Kéravec, madame ! s’écrie Harribet.
- NON ! c’est pas moi ! C’est Harribet qui voulait me prendre ma chaise !
- Fallait pas me la piquer d’abord…
- CA SUFFIT ! Crie la prof, si vous aviez eu un accident, j’étais responsable… »
On regarde l’œil de Kéké ; il le protège toujours de sa main et sanglote.
Un gars laisse échapper : « Un vrai gosse ! »
Alors Kéké bondit, et dit entre deux sanglots :
« OUAIS ! sniff… et bien…je vais aller… sniff… au bureau…. sniff… de la directrice… et puis… sniff… ils vont me renvoyer… et puis alors… sniff… je serai tranquille… sniff… »
Il saisit son cartable et se dirige vers la porte, l’ouvre et s’en va…
La prof le rattrape et réussit à le ramener. On s’empresse de lui apporter une chaise… Il se calme peu à peu, et à la fin de l’heure, il demande à Harribet de venir jouer au foot avec lui, à la récré !

Pendant le cours suivant, la secrétaire vient nous parler :
« J’ai encore à me plaindre de vous ; je préférerai vous faire des compliments, mais le nouveau professeur de sciences (c’est le barbu) est venu me dire tout-à-l’heure qu’il régnait dans cette 3eA un chahut épouvantable qui gênait son cours ; il a même pris l’un d’entre vous qui se bagarrait… »
Pendant son discours, nous restons debout, silencieux. La secrétaire regarde Apère, qui a une tenue très désinvolte, les mains sur ses hanches.
« Tenez-vous mieux, Apère. Vous êtes donc fatigué ? Serrez les jambes ! »
Apère pousse un soupir et serre les jambes.
« Et ne soupirez pas comme ça. Enlevez vos mains de vos hanches. »
Il met les mains derrière son dos et réplique :
« On est pas dans une caserne, ici ? »
« Bon, asseyez-vous ! »
On s’assoit. Apère allonge ses jambes et met ses mains sous la table.
« Tenez-vous droit, et mettez vos mains sur la table ! »
Apère se redresse, lève la tête, pince du bec et pose ses mains bien à plat sur sa table. Tout le monde rigole.
La secrétaire achève sa leçon de morale, puis sort.
Jourdain se tourne alors vers ses copains et dit :
« Compris les gars ? Lundi, tous en cravate ! »
A cette perspective, on éclate de rire…
Pendant le reste du cours, les gars s’organisent : « Faudra pas vous dégonfler, hein ?… Tu peux mettre un pull par-dessus, tes parents verront rien, et quand t’arrives à l’école, tu l’enlèves… Decand n’a pas de cravate… qui peut lui en prêter une ?… »
Vivement lundi !


Ca y est ! Presque tous les garçons sont en cravate. Brisset est superbe : chemise bien blanche, (sûrement lavée aux enzimes gloutons), belle cravate noire, et , comble de raffinement, de luxueux boutons de manchettes ‘empruntés’ à son père…
Malheureusement, les profs semblent ne rien remarquer. Nous sommes déçus.
La prof d’allemand, qui interroge Brisset, s’exclame soudain :
« Mais qu’est-ce que c’est que cette cravate ?
- Pourquoi, demande Brisset, elle est pas belle, ma cravate ?
- Si ! Mais c’est complètement démodé ! On ne porte presque plus de cravate, maintenant… »
Moudenc se lève alors fièrement, et c’est un éclat de rire général qui secoue la classe entière : il porte un vieux pull gris à col roulé, tout déformé ; par-dessus, il a enfilé une espèce de chemise en forme de liquette, rayée verte et blanche ; les manches, trop courtes, laissent passer les franges du pull… et par-dessus tout ça, pendouille une petite cravate grise, toute minable et mal nouée…



En techno, la première rangée se précipite d’un bond à la fenêtre : quelqu’un vient de péter…


L’après-midi, lors d’une bagarre entre Tata et Harribet, ce dernier lui envoie un coup de poing dans la figure. Tata se met à saigner du nez, va à l’infirmerie puis rentre chez lui.


Interrogation écrite d’anglais.
Question : Nommer les différentes parties d’une librairie.
Decand me montre fièrement sa feuille. Au bas de sa maigre liste, il avait ajouté : « The WC ! »


Aujourd’hui, toujours pas de Tata. Le prof de maths s’étonne de son absence et nous demande des explications. Harribet lui raconte ce qui s’est passé, et lui parle du coup de poing sur le nez.
- Pourquoi avez-vous fait ça ? Demande Boubou. On ne doit pas battre son petit camarade !
- Mais m’sieur, se défend Harribet, il m’avait donné un coup de pied dans le derrière !
- Et bien, il fallait lui présenter l’autre fesse, et il vous aurait donné un deuxième coup de pied…


Foire complète en dessin. Chauvin a fabriqué une petite tombe en papier avec cette inscription : « Ci gît M. Boudjéna »
En tirant sur une languette, le squelette du prof se dresse par une fente de la tombe !


Interro de musique sur Schubert.
Un gars de 4e, petit, gros et gras, entre dans la classe pour ramasser le cahier de présence.
Jourdain s’écrie : « Oh ! Le beau petit bébé à sa mémère… »
Toute la classe rigole de bon cœur.
« Taisez-vous » , crie Decand, « j’arrive pas à me concentrer… »
« T’as qu’à faire comme la tomate », répond Harribet.
Ce n’est pas vraiment drôle, on réplique par un « Hou hou hou … » d’indignation, et puis, sans savoir pourquoi, tout le monde éclate d’un rire hystérique.


Pour une fois, le cours d’anglais se déroule dans le silence : nous sommes occupés à préparer une anti-sèche de musique pour le cours suivant.
Peu à peu, la foire reprend. Une bataille de craie s’engage… Pour se protéger, Decand s’est fait un paravent avec ses livres et ses cahiers.
Cela agace la prof :
« DECAND ! Retirez-moi tout ce qui est sur votre table.
- Oh ! non, madame ! Ils vont me tirer dessus ! »
La prof va vers Decand, et d’un revers de main elle fait tomber toute son installation. Aussitôt, Decand est bombardé de craies. On l’entend crier :
« MADAAAAME ! C’est votre faute : j’en ai reçu une dans la bouche !
- C’était bon ? » demande une voix.



En dessin, la prof examine la peinture d’un élève et s’exclame :
« Mais c’est dégueulasse ! »
Moudenc répond d’une voix indignée :
« Oooh ! Madame ! qu’est-ce que j’ai entendu ? C’est très mal poli, ça ! Je ne vous aurais jamais cru capable de dire des gros mots… Il ne faut pas recommencer, hein madame ? Je suis choqué ; ça ma traumatisé ! »



Chahut en allemand. La prof s’écrie :
« Il faudrait vous donner des fessées !
- Oh ! oui ! Répond Jourdain, et déculottées.
Puis, se tournant vers nous, il ajoute :
« Comme ça, on pourra lui péter au nez ! »


La directrice nous lit sa dernière circulaire : « …à l’occasion des fêtes de Noël, j’interdis de passer des disques et de danser… »
Brisset, déçu, ose lui faire remarquer :
- Mais, madame, on a toujours fait ça, avant !
- Et bien maintenant, il y a une nouvelle directrice, un nouveau règlement, et ça change !



L’approche de Noël se fait sentir… On ne fait plus que des mots croisés en anglais, sauf Kéké et Tata qui jouent inlassablement à la balle au fond de la classe.
Discrètement, Decand s’amuse à craquer des allumettes, tout en essayant de dissiper la fumée qui s’échappe de sa case…



Au tableau, la prof de techno vient d’écrire « un tyau ».
Kéravec le remarque et lui demande : « Madame ! C’est quoi un tyau ? »



Veille des vacances de Noël.
Nous décidons de passer outre le règlement de la directrice : nous allons chercher l’électrophone, et toute la matinée on écoute des disques. Les 3eB se sont mis avec nous ; on joue aux cartes, au ping-pong, ou bien on discute. Tout se passe dans le calme.
L’après-midi, la prof de sciences arrive avec l’appareil de projection ; elle voudrait nous passer des diapositives. Elle envoie Decand demander la permission de mettre un peu de musique. Le surveillant général nous l’accorde.
La prof installe son appareil, mais elle n’arrive pas à rassembler tout le monde : dans la classe, quelques garçons jouent au foot, d’autres se poursuivent… On arrête le disque qui sautait à chaque instant.
Dehors, le reste des garçons joue au hand-ball.
Dans la salle de sciences, la projection va commencer. La prof nous prévient que la directrice rôde dans les couloirs et que l’on ferait mieux de tous rentrer.
Trop tard ! Alertée par le vacarme, la directrice fait irruption dans la classe ; les gars n’ont pas le temps de cacher leur ballon ni de retenir une table qui s’écroule dans un fracas assourdissant… Puis elle passe dans la salle de sciences.
Tous les gars qui jouaient dehors se dépêchent de revenir…
Nous sommes enfin tous réunis, et là, la directrice se met en colère.
La prof tente d’intervenir :
- J’avais l’intention de passer quelques diapositives, et…
- MADAME ! Vous savez bien qu’il n’y a rien à faire avec eux ! Ils sont insupportables. Rangez cet appareil et donnez-leur un travail écrit… »


A la place du cours de français, le prof nous autorise à jouer aux cartes.
Par contre, à la fin de l’heure, nous rangeons tout soigneusement car nous avons maths !
En effet, Boudjéna nous fait un cours ordinaire.
Au bout de 45 minutes, il aperçoit un jeu de tarot sur la table de Jourdain et il lui demande :
« Qu’est-ce que c’est, ça ? Vous jouez aux cartes en classe, maintenant ?
- Non m’sieur ! C’est tout à l’heure, en français on pouvait jouer aux cartes… »
Boubou se met à crier :
« Ah oui ? Mais vous savez, moi aussi j’aimerais mieux que vous jouiez aux cartes ! Ce serait moins fatigant pour moi que d’expliquer un exercice ! »
On se regarde, étonnés ; il n’y a pas de quoi se mettre en colère.
Carméla risque : « Mais monsieur, on n’a rien dit ! »
Boudjéna repose sa craie au tableau, va s’asseoir sur une chaise au fond de la classe, regarde sa montre et déclare :
« Et bien allez-y ! Jouez aux cartes ! Il vous reste un quart d’heure… »
On n’ose pas y croire et personne ne bouge.
« Mais oui ! Allez-y ! Sortez-les vos jeux… puisque je vous donne la permission… »
Peu à peu, les cartes sortent des tables, et on se met à jouer, surveillés par le regard noir du prof…


Vacances de Noël… Pour nous occuper, Boudjéna nous a donné des exercices de maths…



Dès la rentrée, la foire reprend.
En attendant la prof d’allemand, c’est la pagaille dans la classe ; Moudenc et Margot se battent et roulent tous les deux par terre…
Soudain, la porte de communication s’ouvre brutalement, le barbu apparaît et hurle : « ENCORE LES 3eA ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel que vous foutez-là ?
Attendez votre professeur en silence. Si j’entends du bruit, je vous colle TOUS, sans exception ! »
Lorsque la prof est arrivée, elle a été très étonnée de nous trouver aussi sages. Elle nous a même demandé ce qui se passait …



En anglais, Moudenc interpelle la prof au sujet des huitres :
« Hein, madame, c’est pas bon les huitres… On dirait de la morve ! »



Un après-midi, en arrivant, on s’aperçoit que le carreau de la porte vitrée de la classe est brisé. Il paraît que c’est un grand garçon qui a donné un coup de pied, pendant la cantine.
Comme il reste quelques morceaux de verre, les gars s’amusent à les faire tomber… Ce bruit attire le barbu qui voit le désastre ; inutile de dire sa colère voyant que nous sommes encore les fameux 3eA…


Pendant la gym, la directrice vient sous le préau et demande à parler à Brisset, Dermarkarian et Kéravec… Elle commence à les interroger au sujet de leur emploi du temps de la veille, à la cantine. Comme ils ont l’air étonnés, elle leur dit :
« Vous ne voyez pas où je veux en venir ?
- Non.
- Non qui ? Non mon chien ?
- Non, madame.
- Qui a cassé le carreau ?
Silence complet. La directrice regarde le reste de la classe ; on se défend avec vigueur : « C’est pas nous, madame ! »
- Non, bien sûr, c’est jamais vous ! Ce n’est peut-être pas vous qui jouez au ping-pong en classe pendant la cantine ? Ni vous qui vous baladez tout le temps dans les couloirs ?
- Si ! Mais celui qui a cassé le carreau, c’est un gars de la classe d’à côté, l’autre 3e.
- Et c’est qui ?
- On va pas le dénoncer.
La directrice se fâche : « De toutes façons, je finirai bien par le savoir quand même… »


Peu après, un vitrier arrive avec deux carreaux sous le bras. La directrice l’arrête au passage et lui dit en désignant notre porte :
« Surtout, ne vous pressez pas de remplacer celui-là… Ce n’est pas urgent. Ils auront froid, mais tant pis ! C’est bien fait pour eux. »



Le lendemain matin, toujours pas de carreau à notre porte… Il fait plutôt froid dans la classe…
A la récréation, le grand frère de Brisset a eu pitié de nous et est allé se dénoncer. Le carreau a été remis dans l’après-midi, en plein cours d’anglais.
L’ouvrier faisait un tel vacarme à taper avec son marteau que l’on ne pouvait pas entendre parler la prof.
Enfin, lorsqu’il s’est arrêté de frapper, quelques garçons s’exclamèrent : « Encore ! encore ! encore !… »


Pendant l’interro écrite d’allemand, la prof manipulait machinalement une tombe en papier qui se trouvait sur son bureau.
Moudenc lève la tête, reconnaît sa tombe et s’écrie :
« C’est la mienne, madame ! Elle est belle, hein ? »


Comme chaque vendredi après-midi, le cours d’anglais s’annonce prometteur : en attendant la prof, les gars se promènent dans les couloirs, d’autres se poursuivent en faisant tomber des tables sur leur passage, et lorsque la prof est en vue, on se précipite tous à nos places en poussant des cris stridents…
Calmement, la prof referme la porte et nous dit :
« DEBOUT ! Les mains sur la tête ! »
On éclate de rire : on est plus des bébés !
Mais la prof ne plaisante pas. On se lève, et les garçons s’empressent de mettre leurs mains sur la tête de leur voisin en disant : « Vous n’avez pas dit de mettre NOS mains sur NOTRE tête ! »
Ensuite, la prof nous distribue des feuilles pour le conservatoire de musique.
Aussitôt, elles sont transformées en avion de papier qui volent dans tous les sens.
Chauvin, lui, a une autre idée : il fabrique un entonnoir orné d’une fleur en papier.
Il pose son œuvre sur la tête de son voisin. La prof s’écrie :
« Chauvin ! Allez donc porter ce magnifique vase… » éclats de rire ; on lui apprend que ce n’est pas un vase, mais un entonnoir.
« Je disais donc… portez cet objet chez madame la directrice ; je veux le voir posé sur son bureau à la sortie… »


Après avoir rendu les interros sur les quotients, Boudjéna explique à un élève qu’il existe des fractions que l’on ne peut pas simplifier, par exemple 133 divisé par 21

Dans le fond de la classe, on entend crier Kéravec :
« Si m’sieur ! en divisant par 7 »
« Mais non » , répond le prof « On ne peut pas : 21 divisé par 7, ça fait bien 3, mais 133 ne se divise pas par 7. Vous voyez bien que 133 n’est pas un multiple de 7 !
- Si m’sieur ! »
Le prof hausse les épaules et poursuit la correction de l’interro.
Brisset lève le doigt :
« Oui ? » fait le prof
« Ca marche ! 133 divisé par 7, ça fait 19 ! »
« Ah ! oui ? Voyons cela… »
Le prof fait sa division au tableau, et devant nos sourires amusés, il trouve bien 19… On se demande comment il va s’en tirer.
Boubou se retourne vers nous :
« Et bien oui, bien sûr ! Mais si c’était 137 au lieu de 133, ça ne marcherait pas ! »



Dès le début du cours d’anglais, la directrice est venue nous faire la morale. Elle nous a parlé des examens, de notre orientation ; elle a précisé que l’école venait d’acheter un nouveau magnétophone, et que la coopérative ne servait pas à engraisser les profs… Tout le monde s’est retourné charitablement vers Chauvin, l’auteur de cette remarque. Enfin bref, on doit se tenir tranquille…
Lorsque la directrice s’en va, il ne reste plus qu’une dizaine de minutes de cours ; que faire en si peu de temps ? Les garçons décident de fabriquer des entonnoirs en papier ! Au travail : on entends partout des « …passe-moi les ciseaux…. T’as pas de la colle ?… vite, la colle… »
Enfin, les entonnoirs sont terminés, chacun en met un sur sa tête.
Celui de Chauvin est magnifique : c’est le plus gros, avec une belle fleur piquée au sommet…
Nos guettons avec impatience la prof d’allemand. Elle arrive enfin.
Nous sommes si excités que nous faisons un raffut terrible. Elle nous prévient qu’elle ne rentrera que dans le calme.
Alors, on s’assoit tous, et on fait le silence unanimement.
Etonnée de notre obéissance, la prof entre en classe et ne peut s’empêcher de sourire en voyant tous ces entonnoirs sur les têtes.
Calmement, elle passe dans les rangs et ramasse les objets un par un, en complimentant à chaque fois leurs auteurs pour leurs dons artistiques.
La prof retourne s’asseoir à son bureau en oubliant de ramasser celui de Moudenc.
Vexé, il se lève, et dans un fou rire général, apporte son entonnoir à la prof : un affreux petit entonnoir ridicule, tout tordu, avec une fleur pendante. Moudenc précise :
« Vous savez, madame, les plus petits sont toujours les meilleurs… »


Nous attendons la prof d’allemand depuis maintenant 10 minutes. Pour une fois, la classe est bien calme. Les garçons sont accoudés aux fenêtres et discutent entre eux.
En me retournant, j’aperçois le barbu qui nous observe en silence, debout à la porte de communication…
A ce moment, Brisset s’exclame : « Qu’est-ce qu’on serait content si la prof avait eu un accident… »
J’appelle Brisset et lui montre discrètement le barbu, toujours impassible.
Tous les gars retournent gentiment à leur place et un silence pesant s’établit.
Le barbu élève enfin la voix et demande, en désignant Brisset :
« Comment tu t’appelles, toi ?
- Moi ? Brisset… Pourquoi ?
- Bisset ? Bon ! ne discute pas et viens un peu par ici, Bisset ! »
Le barbu entraîne « Bisset » avec lui dans la salle voisine et il en ressort quelques minutes plus tard avec deux heures de colle.



Au tableau, on a pu voir deux entonnoirs en papier scotchés à l’envers avec cette inscription : « JOURNEE NATIONALE DES FOUS. A vot’bon cœur, m’sieurs dames ! »


Lundi 28 janvier : la grande colère de Boudjéna.
Le prof entre en classe, le visage crispé, des veines rouges lui sortent du cou, ses traits sont tendus, c’est mauvais signe.
« Ca fait DIX ANS, vous m’entendez ? DIX ANS… »
On se regarde, ahuris. Qu’est-ce qui lui prend ?
« … dix ans que je suis à Bagneux, dix ans que j’enseigne les maths ; et il y a même des anciens élèves qui viennent me remercier. Vous entendez ? ME REMERCIER. Pour moi, mon seul but est de vous apprendre les maths, et je m’aperçois que dans cette classe, il y a des bruits qui courent, et je n’aime pas ça ! »
Alors, là, on comprend : à force de voir Boudjéna en compagnie de notre jolie prof d’allemand, les garçons lançaient souvent des plaisanteries douteuses, et depuis que la prof est enceinte…
« Dans cette classe, je vois qu’il y a des esprits pervers, des langues de vipères… Je ne répéterai pas les bruits ignobles qui courent, vous devez être au courant… En plus, certains d’entre vous les répètent même aux professeurs ; je viens moi-même d’être averti par madame la directrice…
Je connais madame Shakoury depuis cinq ans. Madame Shakoury, c’est ma copine ! Vous entendez, MA COPINE ! ! et si ça ne plaît pas à certains, j’en suis désolé… Et si vous vous posez des questions, ainsi que des adultes, car je sais que des parents s'en mêlent, et bien qu’ils viennent me voir, je leur répondrai… »
Pendant tout son discours, on n’ose à peine respirer ; ses colères sont réputées, mais celle-ci dépasse tout ce qu’on a entendu. Même les habituels petits malins de la classe n’en mènent pas large.
« Et maintenant, poursuit Boubou, je ne veux plus entendre parler de cette histoire. COMPRIS ? Je ne reviendrai plus là-dessus ! »
Et il termine son discours en donnant un grand coup de poing sur la table qui fait sursauter tout le monde.
Le cours de maths a suivi, plutôt tendu…


Tata a fait tomber une lampe du plafond avec sa balle de tennis : cassé !


On nous remet une feuille médicale de renseignements à remplir par les parents.
Moudenc commence à lire les questions et s’exclame tout haut :
« Est-il propre maintenant ! »



Il fait orageux, nous sommes très énervés.
Dans la cour, quelques garçons font de la corde à sauter, au milieu des huées des autres.
En anglais, Chauvin a profité d’une seconde d’inattention d’Harribet pour lui retirer sa chaise ; au moment de s’asseoir, il s’effondre en arrière, accompagné d’un éclat de rire général. Les garçons hurlent de rire, malgré la prof qui tente de les sermonner :
« Ca pourrait être dangereux, le jour où il tombera la tête contre la table… »

Plus tard, pendant le cours de musique, on entend un grand bruit dans la première rangée, suivi immédiatement par des rires idiots : Harribet s’est effondré une seconde fois…




En plein milieu du cours d’allemand, la prof s’arrête et nous dit en rougissant :
« Heu…pour des raisons que vous connaissez déjà… heu… je serai absente pendant tout le deuxième trimestre. Vous aurez certainement un remplaçant. »
Tout le monde a compris : la prof est enceinte. Mais Dermarkarian demande :
« Pourquoi, madame ? »
Un murmure suit sa question et une fille se retourne :
« Mais, c’est comme ça ! »
Dermarkarian se fâche et s’écrie :
« On ne veut jamais rien me dire, à moi ! J’ai tout de même le droit de savoir pourquoi on n’aura pas Allemand pendant trois mois ! »
La prof rougit de plus belle mais ne répond rien.
Voyant qu’il n’est vraiment pas dans le coup, on laisse Dermarkarian bouder dans son coin.
A la fin du cours, ses copains lui ont tout expliqué…



Chauvin n’arrête pas de faire l’imbécile et de bavarder… Enervée, la prof d’allemand lui crie :
« BON ! Chauvin ! passez dehors ; ne discutez pas . Je ne vous accepte plus au cours d’allemand. DEHORS ! »
Chauvin se lève, se dirige vers la porte en marmonnant : « Elle me fait chier ! »
La prof répond aussitôt : « Et bien, je vous ferai moins chier dehors, s’il faut que je parle comme vous… »
On se regarde, stupéfaits d’avoir entendu notre élégante prof dire un gros mot…


Le lendemain, à la fin du cours de maths, le surveillant général apparaît : « On demande monsieur Chauvin au secrétariat… »
Boudjéna sourit d’un air narquois et nous dit :
« Il n’est vraiment pas malin de se faire remarquer depuis quelques jours ; il pourrait bien se faire renvoyer un ou deux jours, ça le calmerait. »
Il paraît que Chauvin est ressorti du secrétariat blanc comme un linge…



Pendant la première demi-heure du cours d’anglais, la classe était d’un calme surprenant. Même la rangée des garçons semblait écouter la prof… Cela devait avoir un rapport avec Chauvin.
Mais, peu à peu, le chahut habituel a repris le dessus.
Rodriguez se penche pour parler à sa voisine de devant ; Moudenc en profite pour lui retirer sa chaise ; bien entendu, Rodriguez s’effondre par terre…

Après, c’est le défoulement en musique : deux filles ont préparé un exposé sur Chopin, mais elles n’arrivent pas à se faire entendre. La prof décide alors de nous dicter le résumé. A la fin de chaque phrase, les garçons lancent toutes sortes de plaisanteries :
« Chopin était Polonais par sa mère et Français par son père… »
Moudenc : « par un copain à son père ! »
« …il donna son premier concert à 9 ans. »
Kéravec : « Poil aux dents ! »
- Qui vient de dire « poil aux dents » ? Une mauvaise note !
« …sa liaison avec George Sand durera dix ans. »
Jourdain : « Mais madame, George Sand, c’est un homme ! Non ? »
Moudenc : « OUI ! C’est des homosexuels : »
« …Chopin a écrit pour le piano… »
Moudenc : « Mais le piano savait pas lire ! »
« …d’un accent romantique, sa musique… »
Jourdain : « D’un accent du midi ? »
Puis, la prof nous fait écouter un prélude d’une virtuosité extraordinaire.
Jourdain : « Ho, là , là… il faisait la course avec George Sand… »


Samedi 9 février : La prof d’allemand n’a pas accepté Chauvin à son cours.

Anglais : les gars sont vraiment déchaînés : ils s’amusent à trouver des rimes aux noms de famille des élèves.
Cela donne : « Dermarkarian, poil aux dents !… Chauvin, poil aux mains !… etc… »
Hurlements de rires pour « Tagliabue… »
La prof désigne notre rangée et s’exclame : « Quelle bande d’énergumènes, par ici ! »
Moudenc répond : « M’en parlez pas, ma brave dame ! »


Aujourd’hui, ma voisine m’a appris à faire des cocottes en papier ! L’après-midi, la contagion des cocottes gagne toute la classe…

Les élèves qui sont restés à la cantine à midi reviennent furieux :
« Ouais, on veut nous mettre au régime ! On a eu du pain sans sel ! … C’est pas étonnant si j’ai mal au ventre, c’est le pain sans sel… »

Décidément, les cocottes et autres objets en papier connaissent un véritable succès… A la fin du cours d’anglais, Dermarkarian fait voler un bel avion qui va atterrir sur le dessus de l’armoire ; il prend une chaise pour aller le récupérer, pendant que la prof se dépêche de sortir de cette classe de fous…


Mardi 26 février
Afin d’avoir plus de place pendant les cours de dessin, nous occupons les deux salles du bâtiment préfabriqué, et nous laissons la porte de communication ouverte.
La prof passe d’une salle à l’autre.
Pour l’instant, elle est avec nous, et on entend la voix de Brisset provenant de la salle d’à côté : « Madame ! Venez, s’il vous plaît… »
- Minute ! Répond la prof.
- MADAAAME ! implore Brisset.
- Attendez ! J’arrive !
- MADAAAME ! MADAAAAME ! »
Sa voix se fait de plus en plus plaintive, on commence à en avoir assez.
- MADAAAAAAAAME !
- Oh ! Quel poison ! Fait la prof.
- MADAAAAAME !
Alors, sur le même ton, les gars répondent avec un bel ensemble :
« Ta gueueueueueule ! »


vendredi 1er mars : Neige !
Dans la cour, les batailles de boules commencent ; les garçons en ont même lancé dans la classe…
Il neige toute la matinée.
L’après-midi, je reviens à l’école avec une énorme boule accumulée le long du chemin ; juste avant de franchir la porte d’entrée, je me dis : « C’est pas le moment de tomber… » Et vlan ! je m’étale sur le trottoir, le nez dans ma pauvre boule en miettes…
Puis, c’est une bataille rangée entre les deux classes de 3e…
Dommage, nous devons aller au théâtre en car pour voir les « femmes savantes » de Molière.


Deux élèves portent l’électrophone pour le cours de musique. Aussitôt, Moudenc se met à crier : « Pigeons, pigeons ! » et à roucouler…, suivi par un roucoulement de toute la classe.

Le chef de classe, une feuille et un stylo en main, nous demande :
« Vous avez des réclamations à faire pour le conseil de classe ? »
« OUI ! » répond Moudenc « On voudrait du pain salé ! »


Sur le mur de la classe, il reste un dernier poster représentant un coureur automobile dans sa voiture de course. A la place de la tête du type, Chauvin a collé une tête de singe découpée dans une publicité…


Samedi 2 mars
Notre prof principal nous informe : « Au dernier conseil d’administration, nous avons décidé de tenter une expérience : à partir de lundi, les élèves n’auront plus de locaux à eux, mais devront se déplacer pour se rendre dans les salles de cours. Les professeurs resteront dans leurs classes, cela représentant un certain nombre d’avantages qui seraient trop longs à vous expliquer en détails… »
Un murmure désapprobateur accueille cette nouvelle. Le prof se dépêche d’ajouter : « Bien entendu, ce n’est qu’une expérience qui durera jusqu’aux vacances de Pâques ; si madame la Directrice est satisfaite, cette organisation sera adoptée définitivement… »


Lundi 4 mars
Le cours de français s’achève ; nous quittons la classe en laissant le prof assis à son bureau, qui nous dit d’un air morose :
« Vous encore, vous avez de la chance : vous pouvez vous balader ! Mais quand je pense que je vais rester moisir ici… »



Le lendemain, le cours de dessin qui se déroule dans une salle spéciale, est étrangement calme.
La prof s’étonne et nous questionne :
« Qu’est-ce que vous avez, aujourd’hui ? Vous êtes complètement à plat ! C’est ce changement de classe qui vous rend mélancoliques ? »
Nous répondons mollement : « Ouais, c’est moche… »
Pourtant, peu à peu, les garçons se réveillent. Decand est mis à la porte ; on le voit errer dans les couloirs. Au bout d’un moment, il revient à notre porte, et à travers la vitre il nous montre une pancarte marquée SOS
Plus tard, excédée d’entendre parler continuellement Moudenc, la prof lui crie : « VOUS ! là-bas ! Heu… monsieur… heu… voyons… heu… Moudenc, je crois ?
- Oui, oui, mais pas plus… c’est juste ce qu’il faut… »


Jeudi 7 mars, cours d’allemand.
Dermarkarian lève le doigt :
« Madame, est-ce que je peux changer de place ? Je suis à une petite table, et je ne peux pas bouger…
- Pour assister à un cours d’allemand, vous n’avez pas besoin de bouger !
- Ben oui, mais j’ai les jambes coincées ; c’est pas marrant ! Vous voyez bien, je ne peux pas remuer.
- Mais oui, Dermarkarian ! C’est bien ce que je vous dis : vous n’avez pas besoin de bouger… »


Dans une ancienne classe de 4e, les garçons ont déchiré tous les posters des vedettes qui ne leur plaisaient pas ! Apère s’est emparé de la tête de Patrick Juvet et l’a balancée par la fenêtre… Aussitôt, d’autres ont suivi la même direction.


Musique : « Mais enfin, Kéravec, qu’avez-vous à rigoler comme ça ? »
« Ben c’est Rossini, Madame, vous avez dit que c’était drôle… »
Au milieu du chahut, un gars de 4e entre.
« Hou… hou ! » « Le bel homme ! »… « t’es libre ce soir ? » et des sifflements admiratifs fusent de tout côtés.
La prof parvient à hurler : « TAISEZ-VOUS ! j’ai une bonne nouvelle pour vous : en raison de l’absence du professeur de couture, les filles ne commenceront demain qu’à neuf heures… »
Hurlements jaloux des gars qui criaient , sifflaient, tapaient des pieds…


Moudenc dit à ses copains : « Combien vous pariez que je peux dresser mes cheveux sur ma tête, sans les toucher.
- On parie pas ! C’est pas possible !… mon œil !…
- Non ? Regardez-moi bien ! »
Et d’un brusque mouvement de tête en arrière, il fait soulever sa tignasse, sous le regard ahuri des autres…


Jeudi 21 mars, printemps.
Nous sommes assez énervés. On s’installe dans la salle d’anglais et la prof trouve qu’il n’y a pas beaucoup d’élèves ; on se compte, il en manque deux ! Kéravec était déjà absent ce matin, mais qui est l’autre ? On se recompte ; décidément, il en manque bien un.
On se regarde, puis soudain on s’écrie : « C’est Dermarkarian ! » . Etrange, il était là tout à l’heure.
Alors, au fond de la classe, on entend : « C’est moi que vous cherchez ? »
Et Dermarkarian sort de l’armoire où il s’était caché… (fou rire complet)
Un peu plus tard, Moudenc dépose une punaise sur la chaise de Brisset. Alors que personne n’y faisait plus attention, Brisset se dresse d'un bond en poussant un cri aigu.

 


Ce soir : vacances de Pâques.

Il n'y a pas vraiment de cours de musique. Les gars discutent entre eux.

- C'est vraiment pas marrant, Rossini !

-  oh, oui alors ! le rock Italien !

-  et le rock allemand, ça doit être bien ?

-  Non, mais vous ne connaissez pas le rock arabe ? demande Moudenc.

Il se lève, enroule son écharpe en turban autour de sa tête et se met à danser en chantant :

"Allah, Allah, mon z'ami, Allah...."

A la suite d'une mauvaise manoeuvre, retrouvez la fin des petites histoires de la classe de 3e dans un article suivant...


 

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